VINCENT ANSTETT, UN SABREUR ENTRE ALSACE ET BALLON Champion du monde par équipes en 2006, Vincent Anstett mène de front une carrière au sabre et au service marketing de la Fédération Française de Football. Cette année pourrait être la sienne…
«Vincent, il a toujours aimé gagner que ce soit sur un piste ou autour d’une table pour un jeu de société. Le combat, le défi, c’est son truc. Il est du signe du lion…et, quand on le connaît, on n’est guère étonné !» glisse son papa Jean-Marc. Puis, il ajoute : «Quand il est en compétition à la maison pour son club, c’est encore pire, je crois ?!».
Fidèle à l’Alsace, Vincent est aussi fidèle à son club de Strasbourg, le seul fréquenté à ce jour : «A l’âge de 7 ans, j’ai découvert l’escrime par hasard, en activité extrascolaire, le vendredi soir après l’école, à la place d’être à l’étude. Après deux ans de pratique dans un gymnase (celui de son école Sainte-Anne, à deux pas de chez lui), mes parents m’ont inscrit au club où le sabre était roi…».
«RIEN A VOIR AVEC ZORRO..!» A l’âge de 9 ans, le poussin alsacien part en campagne à travers l’hexagone : «Comme il n’y avait pas beaucoup de concurrence en Alsace, j’allais concourir un peu partout. Les voyages en minibus, en train ou wagon couchette avaient un vrai parfum d’aventure. Le week-end, au lieu de rester à la maison comme mes potes, j’allais vivre quelque chose d’exceptionnel à l’autre bout de la France…».
Rapidement aussi, le sabre lui colle à la peau : «Alliant rapidité intellectuelle et physique, l’escrime m’a emballé. Et comme j’ai très vite eu des résultats, la mayonnaise a bien pris. Contrairement à d’autres, mes débuts n’ont rien à voir avec Zorro !!!».
«ENVIE DE GRANDEUR…»

Toutefois, ce Zorro en culotte courte monte vite sur les podiums départementaux, régionaux puis, nationaux chez les benjamins avec un premier titre national par équipes en 1993 : «Alors que nous n’étions pas favoris face aux inévitables Tarbais, ce titre fut une telle joie qu’il fut un tournant. Alors, j’ai abandonné le judo où je ne me voyais pas trop d’avenir. Quelque part, j’avais envie de grandeur…».
Ce tournant amène aussi ses parents comme bénévoles au club. Et, l’amène lui comme l’un des meilleurs benjamins, cadets puis juniors du sabre français. Pourtant, Vincent ne s’emballe pas :
«Après mon vice-titre mondial chez les cadets (1999), je me qualifie pour les mondiaux juniors (2000). Pour un junior première année, c’était rare (8ème en individuel) ! Alors, Maître Christian Bauer me propose d’entrer à l’I.N.S.E.P. et au mieux de préparer un B.T.S.. Mais, c’était juste la veille de mon bac philo, dernière étape scolaire avant une «prépa H.E.C.». A la maison, il y a eu un vent de panique. Et, nous avons refusé…».

«POULIDOR...» En 2001, Vincent confirme magistralement : 3ème des championnats d’Europe et 9ème des championnats du monde. Le junior participe même à sa première coupe du monde senior (à Bucarest, en mai 2001). Souvenirs ? : «Avant mon premier assaut, Maître Bauer me donne des petites pastilles blanches à sucer. Là, je me pose des tonnes de questions ??! En fait, comme il faisait très chaud, c’étaient des pastilles de sel !!! Sinon, mes coéquipiers m’ont fait une blague en me disant que mon premier adversaire était une pointure dure à cuire. Je lui colle 5-0 ! Je suis furieusement content. En fait, c’était une chèvre ne gagnant aucun match en poule !!!».
En septembre 2001, Vincent entre à l’I.N.S.E.P.. Sa carrière est lancée.
Depuis, l’Alsacien reste à la pointe du sabre tricolore, est monté sur toutes les secondes et les troisièmes marches de l’Europe et du monde mais, court toujours après une victoire individuelle majeure : «Je suis vice-champion de tout, parfois même surnommé «Poulidor» ! Souvent, il m’a manqué un peu de réussite. Maintenant, comme le niveau se resserre de saison en saison, il est de plus en plus difficile de sortir du lot. Mais, mais, il est aussi peut-être plus facile de se faufiler…».
Depuis mars 2010, Vincent travaille au service marketing de la Fédération Française de Football. Désormais, ce fils unique au prénom unique jongle entre sabre et ballon. Et son père est le premier à s’en réjouir : «Vincent, il n’a jamais été aussi bon que lorsqu’il avait à mener deux défis de front. Un temps ce fut l’escrime et le bac puis, l’escrime et l’école de commerce, maintenant, c’est l’escrime et le foot…».

Vincent Anstett © 2010 - Tous droits réservés